Catalogue de films
Imichki
Synopsis
En 1975, dans un village du sud marocain, la tentative d’une jeune femme analphabète d’écrire à son mari absent devient un acte intime de résistance face au silence, à la distance et aux limites imposées à son monde.
Équipe
- Scénario : Yza Nouiga
- Direction photo : Myriam Payette
- Direction artistique : Diana Le Nézet
- Montage : Xi Feng
- Conception sonore et musique : IIyaa Ghafouri
- Production : Giacomo Nudi, Rocío B. Fuentes
- Interprètes : Oumaima Oughaou, Youssef Ourras
Genre
Thèmes
Biographie
Après avoir grandi au Maroc, Yza Nouiga s'est installée au Canada. Diplômée en scénarisation de L’INIS, elle a contribué à plusieurs productions et a remporté le prix de l’ONF dans le cadre du Talent Lab des RIDM pour son projet documentaire Jwad Amira. Son court métrage, Jardins Paradise, a été sélectionné dans plusieurs festivals. À travers sa démarche de création, Yza revisite ses questionnements sur l’héritage, la transmission et la condition féminine.
Festivals
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[2026] TIFF, Canada
Mot de la réalisatrice
Imichki signifie l'« égaré » en tachelhit. Il nomme ceux qui sont partis et n'ont pas su revenir, ceux qui auraient oublié leur terre. Ce mot est né d'événements successifs qui traversent le XXe siècle au Maroc, des temps coloniaux et postcoloniaux : des recrutements forcés de soldats, de main d'œuvre, de l'exode rural puis du nombre incalculable de courageux rêveurs qui décidèrent à leur tour de prendre le large. Ces départs massifs vers un ailleurs, sur le continent ou de l'autre côté de la mer, peuplent des villages d'histoires d'« égarés ».
C'est en allant vers ces histoires que je suis tombée sur une poésie orale, un timnadin d'un temps lointain. Elle parlait d'une femme qui aurait aimé « être une lettre, pliée dans la valise de son bien-aimé. » J'étais interpellée par ce désir simple et impossible. Cette image appelait un autre imaginaire en moi. En fouillant l'histoire de ceux qui partaient, je croisais le chemin de celles qui étaient restées. Elles disaient l'absence avec une pudeur qui me touchait.
Je trouvais que le désir est le plus vif dans ce qui n'arrive pas à se dire. J'imaginais comment cette femme espérait retrouver ce corps qui manque : par quel chemin, par quel geste. En allant aux nouvelles ou à sa rencontre. C'était sans doute en sollicitant des souvenirs qu'elle réussissait le mieux à le retrouver. Et à force d'être sollicités, ces souvenirs se transformaient en fantasmes jusqu'à habiter le territoire qui l'entourait.
Je voulais penser un film qui raconte ce territoire à travers les yeux d'une femme, Meriem, qui y cherche encore une présence dans ses paysages.
