Catalogue de films
Ville Jacques-Carton
Synopsis
Face au béton vorace et à un promoteur véreux, un poète se dresse, dernier rempart contre l’oubli, tel un Gaulois défiant César. Il recueille les voix du passé, fait renaître les souvenirs et tisse une ode au patrimoine ouvrier de Ville Jacques-Cartier, havre où résonnaient jadis, les espoirs et les luttes. Dans ses rues, les ombres du labeur murmurent encore, vestiges d’une époque révolue, éclat fragile d’une mémoire menacée par l’avidité du présent.
Équipe
- Scénario : André Forcier, Jean-Marc E.Roy
- Direction de la photographie : François Messier-Rheault
- Montage : Justine Gauthier
- Prise de son : François Pinet-Forcier
- Conception sonore, Mixage : Christian Rivest
- Musique : François Pinet-Forcier, Jo Millette
- Interprètes : Catherine Martel-Choinière, Jean-Marc Desgent, Pierre Curzi, Michèle Deslauriers, Gaston Lepage, Sandrine Bisson, France Castel, Mario Petrone, Charlotte Aubin
Genre
Thèmes
Bande-annonce
Biographie
André Forcier
André Forcier est un réalisateur et scénariste québécois né le 19 juillet 1947 à Montréal. Son œuvre, que plusieurs rattachent au réalisme magique sud-américain par les éléments de fantaisie qu'elle contient, est pourtant fortement ancrée dans la réalité du Québec. En fait, on y verra plus justement un des seuls liens existant actuellement entre la culture orale du Québec populaire et le cinéma québécois. Contrairement à Pierre Perrault qui observe les manières, la façon, les paroles d'un Québec fier, indépendant et profondément rural, et cela pour les anoblir, Forcier accepte la « bâtardisation » nord-américaine de sa société, tout en soulignant la vivacité de l'imagination populaire.
Le cinéma d'André Forcier jouit d'une reconnaissance avantageuse tant au Canada qu'à l'étranger. Pionnier, il fut le premier cinéaste canadien à faire l'objet d'une rétrospective à la Cinémathèque Française (1987). En 2003, il se voit décerner le prix Albert-Tessier, la plus haute distinction québécoise pour l'ensemble de son oeuvre. En mars 2010, le Prix du Gouverneur Général du Canada, consécration ultime en arts médiatiques au pays, lui était attribué.
Le parcours exceptionnel d'André Forcier a été salué par le prix hommage IRIS de Québec Cinéma pour ses 50 ans de carrière (2018) et par la Louve Hommage du Festival du Nouveau Cinéma pour l’ensemble de son oeuvre (2019). En 2024, Ababouiné a brillamment clôturé le Festival Fantasia, où Forcier a été honoré à la fois par un prix hommage pour l'ensemble de sa carrière et par le prix du public. Cette reconnaissance s'est confirmée aux Percéides en Gaspésie, où il a de nouveau été couronné pour l'ensemble de son oeuvre et où Ababouiné a remporté le prix du public, témoignant de son statut de figure emblématique du cinéma québécois. Enfin, le festival Cinema on the bayou à Lafayette en Louisiane lui a décerné le prix Director’s choice pour son dernier film, Ababouiné.
Jean-Marc E. Roy
Récipiendaire du Prix Créateur de l'année du CALQ et du Prix Contribution Culture Saguenay–Lac-Saint-Jean, le travail de Jean-Marc E. Roy oscille entre documentaire et fiction. Depuis 1999, plusieurs de ses films ont été diffusés et récompensés ici comme ailleurs. Sa série Pick-up : à la rencontre du bout du monde a reçu un Prix Gémeaux en 2012, Cowboy : un rêve canadien une nomination en 2014, tout comme Airs Communs en 2017. Il fut de la sélection officielle des 47e et 49e Quinzaine des réalisateurs ainsi que des Galas Québec Cinéma de 2016 et 2018 avec Bleu tonnerre et Crème de menthe.
Fervent amateur de culture populaire canadienne-française, plusieurs de ses productions ont fait le tour du monde. En lice pour les Prix Écrans Canadiens en 2016, 2017 et 2020, il sort à l’hiver 2019 son premier long métrage documentaire, Des histoires inventées.
Vivant au Saguenay depuis 2001, il développe différents projets de longs métrages de fiction. Possédant une pratique en duo avec Philippe David Gagné depuis 2008, ils fondent La Boîte de pickup il y a dix ans. Également réalisateur pour Télé-Québec, il vient de terminer un essai anthropoétique de 80 minutes, Ville Jacques-Carton, en co-création avec André Forcier.
Festivals
- 2025 -
Fantasia, Montréal, Québec
Les Percéides, Gaspé, Québec
Mot du réalisateur
Ville Jacques-Carton est né d’un attachement profond à un territoire qui change, à une mémoire qui glisse entre les doigts. Ville Jacques-Cartier, avec son architecture modeste, son histoire ouvrière et ses cicatrices visibles ou enfouies, nous a appelés. Plutôt que de simplement documenter sa transformation, nous avons voulu l’écouter, la faire parler autrement.
Très tôt, nous avons su que ce film serait traversé par plusieurs langages : celui des images d’archives et des rues d’aujourd’hui, celui de la fiction, de l’animation, de la poésie. Notre collaboration s’est construite dans ce va-et-vient constant entre réel et imaginaire, entre observation et invention, entre deux sensibilités qui cherchent à rendre visible ce qui s’efface.
La voix de Jean-Marc Desgent s’est imposée comme un guide. Plus qu’un narrateur, il incarne une présence. Sa parole porte la ville autant qu’elle l’habite. En cours de route, son rôle s’est approfondi, jusqu’à nous ramener en tournage, alors que le film prenait déjà forme au montage. Ce détour fut précieux : il nous a permis d’affiner le récit, d’en révéler la chair.
Faire ce film, c’était pour nous garder trace, mais aussi créer un espace de résonance. Offrir un temps d’arrêt, une écoute. Ce que nous avons voulu capter, ce n’est pas seulement ce qui disparaît, mais ce qui résiste dans les matières, les voix, les souvenirs. Ville Jacques-Carton est un film sur ce qui reste quand tout semble vouloir s’effacer.
