Catalogue de films
No-contest
Synopsis
Le 6 avril 1893, au Olympic Club de La Nouvelle-Orléans, Andy «Iron» Bowen et «Texas» Jack Burke s’affrontent pour le titre de champion des poids légers du sud des États-Unis. Leur combat, qui avait pourtant bien commencé, s’éternise au point de devenir le plus long combat… le plus long combat, de l’histoire de la boxe.
Équipe
- Réalisation et Scénario : Pierre-Luc Bérubé, Guillaume Fournier
- Production : Guillaume Fournier
- Direction de l'animation 2D et 3D : Pierre-Luc Bérubé
- Animation 3D additionnelle : Clément Bouthors, PH Débiès, Xavier Fontaine, Simon-Pierre Légaré
- Conception sonore : Mathieu Robineau
- Musique : Pascal Denis
- Narration : Emmanuel Schwartz
- Dessins additionnels : Geneviève Chartrand
Genre
Thèmes
Biographie
Guillaume Fournier est un scénariste, réalisateur et producteur de Québec. Comme réalisateur, il a notamment signé les documentaires Acadiana et Belle River, qui ont été présentés dans plus de 190 festivals, en plus d’être nommés aux prix Écrans canadiens et au Gala Québec Cinéma, ainsi qu’au TIFF Canada’s Top 10. Comme scénariste de fiction, il a notamment signé la comédie Deux dollars, nommé au Vimeo Best of the Year, et le thriller Free Fall, lauréat de 82 prix en festivals, dont le Grand prix de la compétition internationale, au festival Regard. En 2018, il a signé le scénario du film Ailleurs, son premier long métrage.
Mot des réalisateurs
C’est bien connu, boxe et cinéma font bon ménage. En son essence, la boxe est un spectacle, mais aussi, une métaphore de la condition humaine, qui résonne de manière universelle. Il y a dans la boxe quelque chose de brut, et de sauvage, qui parle à nos plus bas instincts. Mais il y a aussi en la boxe quelque chose qui nous permet de croire en la civilisation. On établit des règles, avant de permettre à deux personnes de se retrouver dans l’arène, puis de miser sur leurs habiletés, en mettant en jeu leur santé physique, et morale. La logique est simple, binaire. C’est la logique de la méritocratie, de la sélection naturelle, ou du système capitaliste, tel que nous le connaissons depuis toujours. Mais quelque chose cloche, dans le combat que nous racontons. Le désespoir de nos deux boxeurs est si grand, qu’ils s’accrochent également au combat. Aucun des deux ne veut tomber. Aucun des deux ne peut tomber. « Ils sont désespérément liés l’un à l’autre, enfermés dans leur combat futile – ils tournent, ils ’’dansent’’, ils se lancent des coups, se giflent, s’accrochent – qui n’est plus maintenant qu’une pluie de coups trop légers, un jeu de jambes maladroits, et puis survient un accrochage de plus dans les cordes, de leurs corps chancelants, transpirants et désespérés, qui provoque une nouvelle vague de moqueries quand l’arbitre les sépare. [...] Aucun ne veut faire de mal à l’autre – aucun n’est en colère contre l’autre » [Joyce Carol Oates, De la boxe]. Chacun aspire à une vie meilleure. Chacun croit qu’il pourra s’extirper de la misère, en réussissant à s’élever sur le dos de l’autre. Mais voilà, dans un monde vicié, où tout est réglé d’avance, incluant les logiques de l’exploitation et des classes sociales, alors aucun espoir n’est véritablement permis. Le statu quo perdure. Et personne ne l’emporte. Ni les boxeurs, qui se rendent jusqu’au bout de leurs ressources. Ni les spectateurs, qui ne peuvent se régaler du spectacle de la misère.
