pour préparer mes demandes de financement

Les premières demandes de financement sont les plus difficiles. Pour les débutant-es, le plus ardu est souvent de préparer le budget du projet et d'adapter sa présentation aux différents types de partenaires sollicités.

Les partenaires financiers reçoivent de grandes quantités de dossiers, la concurrence est forte. Il est donc primordial de bien fournir tous les renseignements et documents demandés, d'éviter de joindre des éléments superflus, de respecter les normes de présentation : longueur des textes, nombre d'exemplaires, etc. Il va sans dire également que le dossier doit être clair, démontrer la faisabilité du projet et la capacité du cinéaste à le mener à terme.

Tel que mentionné plus haut, les conseils des arts sont préoccupés par la pratique artistique professionnelle, l'exploration du médium, l'avancement et le rayonnement de la discipline, le développement de la carrière artistique. De leur point de vue, l'indépendance de création est primordiale. Pour eux, cela signifie que l'artiste et l'oeuvre ne doivent pas être soumis-es à des contraintes extérieures comme la durée prescrite par une fenêtre de diffusion télévisuelle, les choix d'un producteur ou d'une productrice, les tendances commerciales, etc. Ce point de vue teintera donc la lecture des dossiers par les membres du jury ou comité de sélection. 

Les comités des centres d'artistes adoptent un peu le même point de vue dans la gestion de leurs programmes d'aide en services. Ils demandent habituellement moins d'éléments que les conseils des arts, mais se préoccupent du caractère indépendant du projet et de la démarche artistique des cinéastes.

Les programmes de financement publics qui octroient des investissements et les fonds liés à la télédiffusion ou la diffusion « commerciale » ont une autre perspective. Pour soutenir un projet, les membres du jury doivent être convaincus des compétences et talents de l'équipe créative (producteur, scénariste, réalisateur, directeur photo, monteur, interprètes principaux) ainsi que du potentiel du projet en regard des auditoires et des marchés de distribution/diffusion, des stratégies de mise en marché, etc.  

 

Pour les demandes de commandites ou de services qui ne sont pas spécifiquement conçus pour des projets artistiques et cinématographiques, mieux vaut ne pas noyer le ou la destinataire dans des détails qu'il ou ellerisque de mal comprendre. Ce qui compte, c'est que la personne comprenne bien ce qu'on lui demande, dans quel but, et ce qu'on lui propose en contrepartie. Elle doit y trouver un intérêt : visibilité directe, capital de sympathie auprès de sa clientèle et dans sa communauté, valeurs en commun avec les cinéastes et le projet...

Les centres d'artistes offrent à leurs membres des informations utiles et des conseils pour leurs demandes de bourses, préparation de budgets et dossiers. 

Pour obtenir davantage que des réponses à quelques questions, il est préférable de prendre rendez-vous à l'avance. De même, pour obtenir une lettre d'appui, un parrainage d'un centre d'artistes (ex. : Première Ovation), mieux vaut se renseigner d'abord sur leur fonctionnement. Généralement, les centres ont des dates fixes durant l'année pour recevoir les demandes.

pour produire/gérer moi-même mon projet

Les programmes scolaires spécialisés, les ateliers de perfectionnement offerts dans le milieu et l'expérience acquise sur le terrain sont autant de façons d'apprendre le métier de producteur. Parmi les responsabilités du producteur ou de la productrice, ce sont généralement les aspects administratifs et légaux qui paraissent les plus difficiles.

Selon l'ampleur et les exigences du projet, le réalisateur ou la réalisatrice prêt-e à s'autoproduire peut avoir intérêt à s'associer avec une autre personne à la production ou à recourir aux services d'un-e administrateur-trice de production plus chevronné. Des centres d'artistes comme Les Films de l'Autre à Montréal offrent un contexte de production qui comble ces besoins tout en préservant le plein contrôle éditorial et créatif du ou de la cinéaste-producteur-trice. Certaines boîtes de production indépendantes sont également ouvertes à travailler avec les cinéastes selon des modèles de coproduction qui favorisent l'exercice de ce plein contrôle. 

Administrer une production

Les demandes de bourses, subventions et autres financements exigent de remplir des formulaires, d'y transposer les informations financières en fonction de consignes qui varient d'un programme à l'autre. Mieux vaut élaborer dans un premier temps son propre budget (chiffrier .xls) et par la suite en insérer les données dans les différents formulaires. Ce budget de base servira tout au long du projet pour les mises à jour des dépenses et rapports de coûts aux grandes étapes du projet.

Le réputé Budget standard de Téléfilm se trouve parmi les outils pratiques de Téléfilm Canada mis à la disposition des producteurs et des productrices. Ce devis, qui comprend sommaire et budget détaillé, sert de référence en la matière et constitue donc le modèle-type idéal. 

Le Fonds des médias du Canada met à la disposition des producteurs et des productrices des modèles-types de documents et devis notamment pour les projets de médias numériques.

Obtenir les autorisations et droits nécessaires

Toute personne qui apparaît dans un film devrait avoir donné son consentement écrit et signé (cession de droits ou « release ») s'il s'agit d'un participant à un documentaire. Les interprètes de toutes catégories, incluant les figurant-es, devraient avoir signé un contrat approprié de l'Union des artistes. Si les lieux de tournage n'ont pas nécessité de location, une quittance de lieu simple peut faire foi, en cas de besoin, que les autorisations nécessaires ont bien été obtenues.

Une autorisation écrite et signée par la personne ou l'entreprise qui détient les droits devrait être obtenue pour toute oeuvre, archive ou document visuel, audio, audiovisuel ou texte intégré dans un film. Selon que l'élément en question a été publié, édité ou non, le détenteur des droits peut être l'éditeur-trice, l'auteur-e ou ses héritier-ères (ayants droit).

En règle générale, une oeuvre devient libre de droit 50 ans après la mort de son auteur-e. Toutefois, ce n'est pas une règle absolue. Par exemple, pour une pièce de musique classique dont l'auteur-e serait décédé-e depuis des siècles, un orchestre contemporain pourrait avoir produit un enregistrement d'une version particulière, et il faudrait alors en libérer les droits pour l'utiliser.

Il existe plusieurs sociétés de gestion des droits d'auteur et de reproduction pour les différents types d'oeuvres (musique, arts visuels, littérature, etc.), selon qu'elles sont canadiennes ou étrangères. Si l'oeuvre qu'on souhaite utiliser se trouve dans le répertoire d'une de ces sociétés, celle-ci agit comme intermédiaire auprès des éditeurs. Si ce n'est pas le cas, il faut s'adresser directement à l'éditeur, l'auteur ou l'ayant droit. Les sociétés de gestion des droits et les éditeurs ou autres entreprises détentrices de droits ont généralement des ententes-types et des tarifs prédéterminés.

Pour les oeuvres et documents qui ne sont pas édités ou publiés ou dont les droits appartiennent à des auteurs ou éditeurs indépendants, le producteur du film doit souvent utiliser ses propres modèles de contrats ou de quittances. Il s'agit d'y inclure les informations sur l'oeuvre (titre, auteur, description, durée, année de parution, etc.), sur le type d'utilisation qu'on en fait dans le film et sur l'exploitation prévue pour le film (durée, territoires, marchés...) de même que sur la rétribution prévue. Une simple quittance de matériel peut parfois être utilisée.

Les modèles de cessions et quittances suivants tirés des archives de Vidéo Femmes peuvent vous servir à titre indicatif.